Pierre MANY - Le restaurant épicurien
Ma
carte
Liturgie selon Saint - Épicure :
(tous les plats sont faits maison,
par moi ! Pardi !)
« Ô canard gras, en toi j’ai foi ! » - 18€
Terrine de Foie gras de canard, pain d’épices à la farine de châtaignes et aux oranges confites et confiture d’oignons doux
Religion foie gras !
« Sur les chemins de Compostelle, j’ai goûté les noix de l’abbé ! » - 24,90€
Noix de coquilles Saint-Jacques de la baie de La Manche, poêlées et flambées au Whisky breton, réduction de jus d’orange montée au beurre au sel de Guérande.
Ce délicieux plat léger variant au fil des saisons vous emmènera dans un voyage d’alliances originales de saveurs subtiles !
« Au nom du Père et de la mer ! » - 27,90€
Avant de vous être servie décortiquée - pour la survie de vos chemisiers de soirée ou de vos facultatives cravates, la queue de ce homard, aura été traitée avec toute la déférence due à son rang de «Cardinal des Mers » ! En particulier, il recevra - comme l’Enfant-Jésus reçut des rois-mages, l’or, l’encens et la myrrhe, un rôtissage à l’huile d’olives, puis un flambage au Calvados et un habit de beurre d’orange, pour l’escorter, filet de rouget barbet grillé, brochette de noix de Saint-Jacques de La Manche et châtaignes de mon Ardèche natale et filet mignon de porc séché à la truffe blanche d’Alba !.
« Macaronade de foie gras poêlé aux cèpes ! » - 24€
Escalopes de foie gras de canard poêlées et déglacées au vinaigre de vin jaune du Jura de Monsieur Gonet sur un matelas de penne frais et sauce aux cèpes.
Que du bonheur !
« Il barbiere di Siviglia » - 35€
Rossini, outre ses talents de compositeur était aussi un grand épicurien amateur de gastronomie fine et de vins rares ; un cuisinier contemporain créa en son honneur, le Tournedos éponyme. Pour ma part, je réinterprète cette partition : pain d’épices maison toasté, tournedos de grenadin de veau, foie gras mi-cuit maison légèrement poêlé, rondelles de truffe et sauce au Madère.
« Agneus Deï, la Sainte Trinité ! » - 27€
L’épaule d’agneau de lait est confite pendant de longues heures à basse température avec de l’ail rose de Lautrec, de l’huile d’olives, des herbes de Provence et du vin rouge. La tranche du savoureux gigot et du très rare filet sont juste poêlées au thym de garrigue pour une cuisson parfaitement rosée terminée par un flambage à l’Armagnac ; un vrai jus d’agneau maison parachève l’assaisonnement.
Continuons le combat de la splendeur du goût !
« Les Tontons flingueurs ! » - 33€
Le bœuf dans toute sa magnificence : environ 180g du morceau le plus tendre et le plus goûteux, le véritable filet.
Pour la cuisson, c'est saignant conseillé, voire bleu ! Quant à ma façon de l'apprêter, c'est un bon flambage à l’Armagnac, une poêlée de langoustines et des morilles à la crème…
« …Aux quatre coins de Paris qu’on va le retrouver éparpillé, par petits bouts, façon pUzzle. Moi, quand on m’en fait trop, j’correctionne plus, je dynamite, je disperse, je ventile ! »
« Fluctuat nec mergitur ! » - 33€
Ris de veau poêlé flambé à l'Armagnac, tanguant sur un radeau de poire passe-crassane ou Comice ou Williams et de pignons de pins grillés et ne sombrant pas dans une mer de morilles à la crème
Non ce n’était pas le radeau de la méduse mais un grand voyage des sens !
« Le vraiment Be-Bop ! » - 6€
Fondant maison au chocolat grand cru. Le fameux !
(sans aucun doute le meilleur que vous n’ayez jamais dégusté !)
Le vin du mois :
Nom : AOC BLAYE "Gand Vin" Château Dubraud 2002
Descriptif : "Millésime 2002 : nez ample, progressif, aux multiples notes de fruits confits. Attaque agréable et souple suivie d'une bouche riche aux tannins bien enrobés."
GUIDE HACHETTE 2006
"Au XIXè s, ce domaine appartenait à la famille Dubraud. Vendu à des Anglais, il a été racheté en 1998 par Céline et Alain Vidal. Sur les 25 ha du vignoble, 5 ha sont consacrés à l'AOC Blaye. Ce 2002 est déjà harmonieux dans sa robe rubis. Son bouquet exprime les fruits confiturés ou à l'eau-de-vie. La bouche est souple, fruitée, étoffée. Les tanins déjà plaisants permettront de consommer ce vins assez rapidement."
Le Point, 16 mai 2003 spécial Bordeaux Primeurs 2002
"Grand Vin de Chateau Dubraud 2002 : 15.5/20
Des notes poivrées et de pain d'épice, frais en bouche, boisé intégré, discret, un tanin ferme mais enrobé. Vin sérieux, équilibré, prometteur. A ouvrir à partir de 2007, garde 12 ans"
Prix : 37€
Le conseil du mois :
Quelques lignes de poésie dans un monde de bruts !
Un proverbe dit :
"Peu importe le vin pourvu qu'on ait l'ivresse".
C'est aussi idiot de dire :
"Peu importe la femme, pourvu qu'on ait..... le vertige de l'amour."
D'ailleurs à ce propos, il m'est arrivé une histoire dont il faut que je vous
donne, si je puis dire, la primeur.
C'était il y a quelque temps, au bal de la Nuits-Saint-Georges que j'ai
rencontré la petite Juliénas ,une fille drôlement Gigondas, un sacré beau
Meursault, bien charpentée, et, sous sa robe vermillon un grand cru classé avec
des arômes de cassis et de fraises des bois.
On a dansé Anjou contre Anjou sur un Sylvaner à la mode et plus tard lorsque je
lui ai proposé de l'emmener dans mon Châteauneuf-du-Pape, elle est devenue toute
Croze-Hermitage !!! Le temps d'aller chercher un Chablis au vestiaire, de mettre
un petit Corton dans ses cheveux, on est monté dans ma Banyuls et on a roulé
jusqu'au matin.
Ah quelle belle journée !
On s'est baladé Entre-deux-mers, il faisait beau, on a Vacqueyras sur la
plage, les pieds dans l'eau Clairette, on s'est Pouilly-Fuissé dans les dunes et
puis, comme le Mercurey montait sérieusement et qu'on commençait à avoir les
Côtes-Rôties, on a décidé de rentrer. Mais voilà, en partant nous nous sommes
retrouvés coincés dans les embouteillages, enfin les bouchons, quoi !
Je commençais à Minervois sérieusement et là, Julienas et moi, nous avons
commencé à nous crêper le Chinon .
D'un seul coup elle a claqué la Corbière de la Banyuls et elle est partie !
Je me suis retrouvé comme Mâcon.
Quoi, me suis-je dit, elle s'est déjà Sauvignon avant même que j'ai le temps de
la Sauternes ! Mais je vous Jurançon, je l'avais dans la Pouillac. En effet,
j'étais tellement Tokay que j'ai couru après elle dans Lalande et les Chardonnay
pour la rattraper.
Quand on s'est retrouvé, et que je l'ai vue devant moi en Gros-plant, je lui ai
dit -" Ne fais pas ta Pomerol, et ne t'en va plus Gamay ! "
En pleurant, elle est tombée dans mes bras en Madiran - "Ne m'en veux pas, je
voulais juste être sûre que ton Saint-Amour était vraiment Sancerre".
Depuis on s'est cuités tous les jours !
Santé !!!
La galerie photographique :
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